Chez les éleveurs nomades de Mongolie, le plat principal du repas du Nouvel An lunaire est le plat de mouton entier bouilli (šüüs). Ce plat est composé de sept parts de viande rattachées à l'os, c'est-à-dire de parts hiérarchiques distinctives (dont les plus honorifiques, la tête et la queue qui respectivement ouvre et ferme le corps de l'animal sur pied). La distribution des parts de viande se fait selon un code précis régi par l'âge, le sexe et le statut social. Les relations de parenté définissent de façon précise la répartition des parts de viande rattachées à l'os. Ces parts sont considérées encore aujourd'hui comme constituant le support de bonheur (collectif) par excellence, tandis que dans la pratique une autre catégorie d'aliment jusqu'ici socialement dévalorisée, les farineux (gâteaux-semelle, raviolis vapeur et raviolis bouillis), tend à s'y substituer.