Emblème de l'équilibre parfait entre l'observation et la création, Léonard de Vinci devient dans les brouillons de Valéry l'objet idéal d'une nouvelle forme littéraire, une sorte de synthèse expérimentale entre essai et vie imaginaire. Ainsi, Léonard devient la chimère d'une critique capable de synthétiser en elle la conscience du caractère affabulatoire de l'histoire (et de l'histoire littéraire) et la recherche de ce présent plein et sensible que l'exercice de l'art évoque et promet. Les deux notions évoquées par le titre de l'article, dont les rôles et les significations tantôt convergent tantôt divergent dans la genèse de l'oeuvre en question, sont ici analysées comme autant de paradigmes d'une conception originale de la sensibilité créatrice que Valéry théorise et propose à la postérité à travers la figure de Léonard.