La sexualité des personnes privées de liberté est officiellement contrôlée et limitée par le système pénitentiaire national. Dans les faits entrent en jeu des normes officielles et des pratiques officieuses qui influent diversement sur la vie sexuelle des détenus. Cet article propose de définir les différents types d'inégalités qui affectent les pratiques sexuelles des hommes et des femmes incarcérés au Pérou. Supposément soumis à des normes légales identiques, les détenus d'un même pays connaissent pourtant une vie sexuelle largement différenciée selon des critères sexués, socioéconomiques et genrés. Le système pénitentiaire androcentré ne tient pas compte des spécificités féminines et confine les femmes à une image maternelle où la sexualité trouve difficilement sa place. Quant aux hommes, ils dominent un système officiel dont les dysfonctionnements permettent aux plus puissants d'exercer un pouvoir multidimensionnel sur la sexualité des détenus. Entre informalité, corruption voire absence des autorités, pouvoirs physiques et symboliques, l'auteur tente de montrer une hétérogénéité des pratiques sexuelles au sein des prisons qui témoigne de la multiplicité des inégalités de la société péruvienne.