L'article se propose d'étudier la mise en place et le fonctionnement des quelques collèges tenus conjointement par les jésuites et par des régents protestants dans le Sud-est de la France au XVIIe siècle. Nés des circonstances politiques particulières du début du XVIIe siècle, ces établissements ont constitué un laboratoire de coexistence pratique des deux religions autour de l'éducation. Ils ont fourni la démonstration que, du point de vue strictement pédagogique, le système pouvait être fonctionnel. Mais l'expérience a aussi révélé la force d'antagonismes religieux temporairement occultés par un compromis de circonstance. Le modèle du collège mi-parti n'a donc pas survécu aux nouvelles logiques politiques et confessionnelles qui s'affirment dans les années 1660.