Le pouvoir thaumaturgique des reliques étaient attribué à une force vivante qui y résidait et restait active. Au témoignage des mentions des Pères de l'Église et des récits hagiographiques, cette force miraculeuse se manifestait le plus souvent par la guérison des malades et des possédés. En dehors de ces effets principaux, directement bénéfiques aux individus et à la société, la virtus se révélait également par d'autres signes, preuves sensibles (visibles, tangibles, odorantes) de la présence divine et de la continuité de la vie dans les restes. parmi ceux-ci figuraient les miracles concernant la revitalisation de la végétation par le sang des martyrs, et plus tard, par la seule présence des reliques. Or, ce thème fait penser à des concepts et des mythes païens, bien connus à l'époque du début du culte des reliques. Procédant à rebours, l'auteur présente d'abord le thème dans la littérature hagiographique, pour remonter ensuite aux concepts et mythes antiques - païens - auxquels ces motifs nous ramènent, en tentant enfin une interprétation du topos qui associe le sang des innocents et la végétation.