Les catholiques, en particulier les démocrates-chrétiens, ont été, dans les années qui ont suivi la Deuxième Guerre mondiale, les penseurs et les moteurs d'une Europe radicalement nouvelle, porteuse de paix, fondée sur la libre adhésion des Etats à une communauté de destin, et sur le principe démocratique. Le processus de la construction européenne, ouvert par la Déclaration Schuman du 9 mai 1950, avait un objectif clair : construire une entité politique sansprécédent dans l'Histoire, en réunissant des nations qui, presque toujours, avaient été ennemies. Des avancées considérables ont été réalisées dans cette intention ; elles n'ont cependant pas permis de susciter une véritable conscience européenne. La crise actuelle de l'Europe, accentuée par les tensions économiques, est redoublée par une "crise chrétienne de l'Europe", l'engagement des catholiques pour sa cause s'essoufflant. Pourquoi au fond ? Beaucoup invitent à donner une âme à l'Europe, mais sans être toujours entendus. Là est l'urgence européenne. Philosophes, historiens, diplomates, juristes, sociologues, scientifiques, théologiens, hommes politiques, tous spécialisés dans cette question et préoccupés par son traitement, portent ici un diagnostic sans concession et tentent un renouvellement des positions.