La succession régulière des modillons (groupés par paires) et des chapiteaux tout au long de la corniche qui ceinture l'enveloppe intérieure de la cathédrale installe la sculpture dans une forme élémentaire et un rythme monotone, mais dès que l'on prête attention aux éléments constitutifs de l'ensemble se révèlent une animation et une diversité apparemment sans limite. Il est d'autant plus difficile de pénétrer dans ce monde que celui-ci semble échapper à tout système, voire à toute logique. La succession des figures n'impose aucun discours avec évidence. Les dimensions des supports ont conduit les sculpteurs à privilégier des compositions simples, bien qu'ils aient montré ici ou là leur capacité à exploiter à fond le volume plastique, et même à sortir de ses limites conventionnelles, définies par l'épannelage des supports. Les têtes représentent environ la moitié du corpus ; peu de sujets sont par conséquent représentés en action ou en interaction, et les indices qui permettent de les identifier sont souvent maigres. Une étude complète du décor nécessiterait de très longs développements. L'objectif est ici de repérer des réseaux d'images, de comprendre leur ramification, de mettre en évidence un ou plusieurs niveaux de lecture.