Le visiteur qui déambule aujourd'hui dans la cathédrale de Poitiers pourrait s'étonner de l'absence quasi totale de signes héraldiques qui font ordinairement de ce type d'édifices de véritables musées dans ce domaine. À la fin du Moyen Âge en effet, n'importe quelle église, depuis la plus simple chapelle jusqu'à la plus grande des cathédrales, est littéralement couverte d'armoiries que l'on retrouve sur le mobilier et la vaisselle liturgique, les tentures de choeur, les vitraux, les monuments funéraires, les carreaux de pavement, les clés de voûtes et corbeaux, les programmes peints. À Poitiers, si de nombreux témoignages armoriaux ont disparu, victimes des vicissitudes de l'histoire - sac de la ville par les protestants en 1562, réaménagements du XVIIIe siècle ou destructions révolutionnaires -, ils nous sont heureusement en partie connus par les relevés d'érudits. Par ailleurs quelques représentations, relativement discrètes, subsistent et nous livrent de précieuses informations sur le bâtiment, quelques-uns de ses acteurs et les stratégies de mise en signe à cette période.