Abû Kabîr al-Hudhalî est un des plus célèbres poètes, d'époque préislamique, de la tribu des Hudhayl (Arabie occidentale). Son dîwân, partie de celui des Hudhayl, comprend, en dehors de quelques fragments, quatre poèmes présentant une double particularité formelle et thématique. Ils s'adressent tous à sa fille, Zuhayra, premier mot du premier vers de chaque poème, le reste du vers étant, à une double variante près, identique. Et tous, confidence du père à sa fille, parlent d'une seule et même chose : la vieillesse et la mort. Mais chacun le fait à sa façon : le premier en opposant aux ravages de la vieillesse l'évocation à vertu consolatrice des exploits de la jeunesse ; le second en opposant au vieillard au masque blême attendant la mort le jeune guerrier qu'il fut et qui donna la mort ; le troisième et le quatrième en multipliant les symboles de mort. Raffinement formel et beauté violente des images se combinent ici pour donner une haute idée de la poésie arabe préislamique.