Aborder la question de l'assurance des risques naturels, c'est poser la question de la sécurité. Le concept de sécurité est d'abord la traduction sociale de l'instinct de conservation. La sécurité est un impératif individuel et collectif. Ce besoin de protection et de stabilité varie en fonction des besoins ressentis dans une société donnée. Celle que nous connaissons est élaborée et complexe et, par voie de conséquences, toujours plus exigeante en matière de sécurité. Pour le juriste, la tâche est de traduire cet objectif social en obligation juridique, c'est-à-dire en norme sanctionnée par le recours à la coercition. L'impératif de sécurité est aujourd'hui perçu dans nos sociétés comme un constat d'évidence qui ne se discute pas, seuls les moyens diffèrent. Dès lors qu'il y a une structure sociale, l'entité qui la gouverne a le devoir de prendre en charge la protection des individus et de la population en général. Les personnes privées, les entreprises ou les structures publiques et sociales collectives (les écoles, par exemple), en particulier, ont une obligation de sécurité à l'égard des personnes qu'elle prend en charge ou dont elle utilise les services. Mais, en matière de risques naturels, la place de l'Etat est le plus souvent prépondérante. Dans la mesure où la légitimité fondamentale de l'Etat réside dans l'organisation de la protection du groupe social et où les risques naturels ont des conséquences à l'échelle de groupes entiers d'individus et de biens, son intervention paraît naturelle.