Comment aborder l'histoire des migrations d'élites et surtout celle des transferts culturels qui leur sont liées ? Si les outils conceptuels forgés depuis quelques décennies demeurent souvent riches sur le plan heuristique (depuis l'"acculturation" jusqu'au "transnationalisme" en passant par les "social networks"), nous proposons ici - dans le contexte précis des migrations d'élites transatlantiques entre les années 1860 et 1930 - de leur substituer une approche transculturelle. Cette dernière permet, nous semble-t-il, de mieux souligner la capacité des migrants à vivre dans deux voire plusieurs cultures distinctes, à créer un espace transculturel qui permet les mouvements et les retours, les connexions aux autres espaces, les pratiques quotidiennes de métissage, de fusion, de négociation, de conflit et de résistance.