En France, l'accès à l'Assistance médicale à la procréation (AMP) est particulièrement restrictif, celle-ci étant réservée aux couples hétérosexuels en union stable, dont la femme est en âge reproductif, et dont l'infertilité a été médicalement constatée. Par ailleurs, le recours à certaines techniques telles que le don d'ovocyte est limité et entraîne de longues listes d'attente. Parce qu'elles sont " trop âgées " ou parce qu'elles ne souhaitent pas attendre, des femmes françaises décident de partir à l'étranger, dans des pays où les limites d'âge sont plus souples et le recours au don d'ovocyte plus rapide. L'étude menée auprès de femmes françaises venues en Grèce pour un don d'ovocyte permet d'appréhender les nouvelles maternités issues de techniques médicales et de comprendre pourquoi les demandes et attentes afférentes sont insatisfaites en France à la lumière des normes de la maternité qu'elles viennent déconstruire. L'étude montre ainsi que les contraintes liées au don d'ovocyte dans le pays, justifiées par des arguments éthiques et médicaux, font également écho à la norme de l'âge maternel et à la norme intra et bio conjugale qui définissent socialement à quel âge doit-on être mère et la meilleure façon de le devenir. Ces normes renvoient aux constructions sociales de sexes puisqu'elles émettent pour les futures mères, et elles seules, des conditions d'âge et de participation corporelle et génétique.