Cette étude sur la violence sociale menée à Kinshasa s'appuie sur une ethnographie diachronique du processus de violence. Elle montre que la violence contemporaine dans cette ville témoigne à la fois d'une situation d'anomie caractérisée par une prolifération de systèmes normatifs, mais aussi d'une incohérence dans les statuts sociaux. Si l'examen du contexte de cette société urbaine montre d'une part le développement progressif d'un rapport hostile aux normes et principes légaux de la société, les exemples examinés montrent d'autre part que le statut social en tant qu'ensemble de rôles, de comportements attendus et de prérogatives assignés à ces rôles est souvent mis en question dans le processus de victimisation et de persécution. En ce qui concerne particulièrement la violence liée à la sorcellerie, ils soulignent les liens étroits qui peuvent relier les vulnérabilités économiques et sociales, les modes d'interprétation de l'infortune, et les processus de violence.