Les sociétés de secours mutuels, un lieu de vie, d'entraide et d'intégration sociale en terre d'accueil de l'immigration juive originaire d'Europe centrale et orientale, dans l'entre-deux-guerres à Paris

Les sociétés de secours mutuels ont principalement vu le jour dans l'entre-deux-guerres en vue de satisfaire aux attentes des populations juives immigrées d'Europe centrale et orientale. Soutien financier, aide médicale et garantie d'inhumation perpétuelle ont constitué les axes du système de solidarité mutuelle de la principale institution sociale juive issue de l'immigration. Élargissant la dimension d'entraide, ces organismes ont développé tout un éventail d'activités articulées autour de domaines aussi variés que l'enseignement, la culture et le sport et qu'ont su développer les différents groupements, plus particulièrement la Fédération des société juives de France (FSJF). Les contraintes alliées aux obligations inhérentes à leurs statuts, permirent à ces sociétés de maintenir unité et cohésion du groupe, en accord aux pratiques et temporalités héritées du " vieux pays. " Elles n'en ont pas moins élargi leurs prestations à un certain nombre d'initiatives en faveur de l'intégration de leurs affiliés dans la société d'accueil, à l'instar des cours de français et d'histoire, des excursions invitant à la découverte du pays, de sorties culturelles ou des démarches de caractère administratif ou juridique en vue de leur insertion. Leur participation à d'autres groupements du tissu associatif concourait à ce même processus. Paris et sa banlieue qui rassemblaient une grande majorité de ces sociétés, n'étaient pas simplement un lieu de transit, mais avant tout le foyer d'une véritable communauté dans sa diversité culturelle, économique et politique. Artisans, commerçants et façonniers en formaient l'essentiel. Si les " partis traditionnels juifs " tels que le Poalei-Tsion, les bundistes ou le Comité intersyndical communiste avaient les faveurs des ouvriers juifs, l'espace de rencontre et de fraternité entre travailleurs français et immigrés s'imposait chaque fois davantage, au travers des syndicats, des mouvements revendicatifs ou plus prosaïquement, de la paisible confrontation quotidienne avec la société civile. Ces étapes progressives, préalables à une lente et réelle insertion s'interrompirent brutalement. Les lois et ordonnances prises à l'encontre des Juifs dans les premiers temps de l'Occupation, constituèrent le prélude à la mise en œuvre des rafles et déportations qui visaient justement en premier lieu cette immigration juive. Beaucoup de ceux qui appartenaient aux landsmanshaften - qualifiés de "Juifs étrangers" -, allaient compter au nombre des victimes de la Shoah. Aujourd'hui encore, les représentants de la Fédération des sociétés juives de France, de l'Union des sociétés juives de France et des Associations d'Anciens combattants - car ils furent nombreux à participer en tant qu'engagés volontaires à la défense de la France - se rassemblent chaque année, dans les grands cimetières parisiens de Pantin et surtout de Bagneux, pour rendre hommage à ces originaires.

Data and Resources

Additional Info

Field Value
Source Troisièmes journées de la recherche sociale : L'action collective, au croisement du social et du politique. Conservatoire national des Arts et métiers (CNAM) - Institut national et la jeunesse et de l'Education populaire (INJEP)
Author Laloum, Jean
Maintainer CCSD
Last Updated May 16, 2026, 02:03 (UTC)
Created May 16, 2026, 02:03 (UTC)
Identifier halshs-00704635
Language fr
contributor Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (GSRL) ; École Pratique des Hautes Études (EPHE) ; Université Paris Sciences et Lettres (PSL)-Université Paris Sciences et Lettres (PSL)-Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS)
coverage Paris, France
creator Laloum, Jean
date 2012-03-15T00:00:00
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metadata_modified 2026-02-05T00:00:00
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