Cette contribution propose d'interroger les rapports entre gestion des affaires, sorcellerie et religion. À partir d'une approche anthropologique de quelques situations d'entrepreneurs rencontrés à Kinshasa, elle discute la question de la prégnance et de la résurgence des croyances et pratiques magico-religieuses dans les milieux d'affaires. Ce fait s'observe aussi bien chez les petits producteurs et distributeurs urbains, que chez les entrepreneurs semblant se rapprocher de la représentation idéal-typique du décideur à la recherche de l'efficacité optimale . Ce papier se situe dans le prolongement des réflexions sur l'instrumentalisation des croyances et pratiques magico-religieuses en Afrique en vue de la réussite dans les affaires, et tente d'approfondir une des lignes d'analyse : il examine de près la relation en forme de contrainte que la gestion des affaires semble entretenir avec la crainte des représailles sorcières et avec le recours au magico-religieux.