La gestion des sports de nature dans les espaces protégés : enrôlement, traduction et controverse. Le cas du Parc naturel régional de Chartreuse.

La loi sur le sport de 2000 a participé à l'institutionnalisation des sports de nature, clarifiant leur organisation sur le territoire par la mise en place des Commissions Départementales des Espaces, Sites et Itinéraires (CDESI) au sein des Conseils généraux. Face à cette évolution, la question de l'organisation des sites se pose avec acuité puisque les sportifs ne sont pas les seuls à investir une nature " ordinaire " (Mougenot, 2003) ou gérée. Par exemple, les Parcs naturels régionaux possèdent généralement un environnement naturel remarquable qui s'avère en bien des cas très attractifs pour les pratiquants de sports de nature. Ces collectivités territoriales tentent à la fois de développer ces activités sportives tout en conciliant celles-ci avec la préservation de l'environnement. Cette communication traite de la gestion des activités sportives de nature dans un site du Parc naturel régional de Chartreuse. A proximité de l'agglomération grenobloise, le site du col du Coq et de la Dent de Crolles présente un maillage particulièrement complexe au sens où se superposent différents gestionnaires, différentes échelles politiques et des activités sportives très variées (ski de randonnée, raquette, escalade, parapente, spéléologie...). Le matériau empirique récolté repose sur vingt-cinq entretiens semi-directifs réalisés avec des acteurs du site (élus, porte-parole, gestionnaires...). Les concepts de la sociologie de l'acteur-réseau (Latour, 2005, Law, 1994) permettent de retracer les liens entre les acteurs et offrent une vision panoramique de l'organisation du site. Concernant ce terrain d'étude, une multitude de gestionnaires se partage l'espace dans un enchevêtrement parfois inextricable. En croisant la gestion intentionnelle et la gestion effective du site (Mermet, 1994), les résultats montrent que les prérogatives des gestionnaires d'espaces protégés n'expliquent pas toujours leur mode de gestion (autoritaire, concertée...). Ainsi un gestionnaire d'espace à prérogatives fortes (une Réserve naturelle) œuvre pour un développement durable des sports de nature par la concertation et joue le rôle de traducteur (Callon ; 1986) en créant un collectif. Le réseau créé entre acteurs du sport et de l'environnement est cependant fragile et l'irruption d'un simple topoguide peut remettre en cause la stabilité du social. Enfin, un gestionnaire à prérogatives faibles (un Espace Naturel Sensible) s'oriente davantage vers une gestion autoritaire (malgré des moyens réglementaires limités) qui tend à exclure (socialement) les acteurs des sports de nature.

Data and Resources

Additional Info

Field Value
Source Colloque " Activités de pleine nature, aménagements sportifs et développement durable ".
Author Rech, Yohann, Mounet, Jean-Pierre
Maintainer CCSD
Last Updated May 28, 2026, 18:02 (UTC)
Created May 28, 2026, 18:02 (UTC)
Identifier halshs-00670035
Language fr
contributor Laboratoire d'anthropologie et de sociologie. UHB (LAS) ; MEN : EA2241-Université de Rennes 2 (UR2)
coverage Bordeaux, France
creator Rech, Yohann
date 2011-06-09T00:00:00
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