Les sciences sociales françaises ont longtemps délaissé ou dévalué le corps, traduisant ainsi leur défiance à l’égard d’un thème marqué par l’idéologie et les excès du biologisme à l’anglo-saxonne. Depuis, un changement profond s’est amorcé.Le corps a peu à peu été réintroduit non seulement comme objet d’étude (pratiquessportives, sexuelles, alimentaires, etc.), mais aussi comme reflet et instrument dusocial. Ce retour au corps s’accompagne d’un rejet toujours aussi ferme du naturalismebiologique.Quel est donc le sens de ce regain d’intérêt pour le corps ? Et quel statut les sciencessociales françaises accordent-elles à la chair ? Cette investigation redonne une épaisseur scientifique au corps et revisite ses enjeux intellectuels.