Dans le cadre de la Contre-réforme, la fondation en 1659 du séminaire irlandais de Toulouse se donna pour mission de former les jeunes réfugiés jusqu'à la prêtrise et de financer leur retour dans la mère patrie afin d'y maintenir la foi catholique. L'analyse du corpus des étudiants inscrits dans les universités de Toulouse et de Cahors aux 17e et 18e siècle révèle au contraire une forte réticence pour le rapatriement périlleux et une volonté de prolonger indéfiniment leurs études et leur exil plutôt doré. Beaucoup se feront d'ailleurs affecter en France, voire entameront des cursus laïques (médecine, droit in utroque) et ne rentreront ni dans les ordres ni au pays natal dont, entre temps, ils ont oublié la langue.