Le scrutin municipal de Mars 2008 s'est déroulé dans un contexte de forte montée en puissance des thématiques de développement durable. Parallèlement, la place de l'automobile en ville fait l'objet de nombreux débats depuis une décennie, entre remise en cause et nécessité de garantir les capacités de déplacement des individus. La campagne électorale est un moment privilégié pour capturer la teneur des discours politiques en la matière, et tout particulièrement la manière dont le sort de l'automobile est influencé par la contrainte de durabilité. L'approche développée ici s'attache à disséquer le discours politique sur la base d'un échantillon de programmes électoraux. Ce travail permet d'identifier un discours médian, qui révèle que le développement durable, en imposant une contrainte de compatibilité environnementale, contribue à une certaine éviction des discours du mode routier. Plus qu'un tournant écologique, les orientations politiques soumises lors du débat électoral tendent à conforter un modèle automobile prédominant