Le dialogue à la Renaissance interroge la capacité d’un texte fictif à produire une forme de vérité distincte de l’effet persuasif. Louis Le Caron, qui finit par délaisser cette forme au profit du traité, offre une explication politique au déclin du dialogue humaniste français : avec les guerres civiles, le temps n’est plus à la discussion. L’exercitatio dialectica de la Contre-Réforme entend conquérir les esprits et le dialogue devient une façon pédagogique de théâtraliser dogmes et doctrines à travers la fiction d’un échange, bien loin de la confrontation « peirastique » (expérimentale) des opinions.