En cherchant à articuler le modèle de l'énonciation selon Benveniste et celui de l'actualisation selon Guillaume, J.-M. Barbéris (1998, 2001) a montré que les marques de la subjectivité dans l'énoncé s'actualisent selon un continuum : formes liminairement actualisées (énoncés à l'infinitif), moyennement actualisées (pronoms on et ça), et pleinement actualisées (personnes 1, 2, 4 et 5). Elle a relié cette modélisation ternaire aux étapes de la construction et aux modes de représentation du sujet en langage. Les auteurs montrent que de telles propositions refendent l'alternance héritée de Benveniste entre énonciation marquée et non marquée, en lui ajoutant deux configurations : énoncés faiblement actualisés embrayés (appel ohé par exemple) vs débrayés (indication calendaire 11 novembre armistice 1918 par exemple).